Sinik

Sinik

# Posted on Saturday, 03 September 2005 at 12:18 PM

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# Posted on Saturday, 03 September 2005 at 12:19 PM

Edited on Sunday, 04 September 2005 at 6:07 AM

01- Une époque formidable

01- Une époque formidable
Sinik.Une époque formidable 01.La main sur le c½ur 2005.
L'histoire commence aux Ulis en 1984,
Petit et peace dire que cette ville allait changer ma life ;
J'en suis marqué j'ai débarqué un soir d'hiver,
Cité des Hautes Bergères tout à l'air grand mais faudra bien s'y faire ;
J'avais 4 ans mais les souvenirs me sont restés intacts
Ainsi débute ma vie entre les ter- inspec et le terrain vague ;
De jours en jours mes nouveaux potes seront mes nouveaux frères
Peut être qu'on est sur terre mais seul l'enfer me sera offert !
A cet instant, j'ignore encore que les mâtons m'attendent
Vas dire à ta maman que je suis un bon que j'ai déjà ma bande !
88 on a 8 piges et tout roule,
Avec mes potes on joue au foot, de la tour février à la tour août,
A l'école ça se passe mal je me sens mal, je vis mal, je dors mal,
Et quand j'en parle j'ai mon coeur qui s'emballe ;
Tous les 25 décembre il faut trouver les mots,
L'argent nous fait défaut et par sa faute le père noël est mort !
J'ai peur de rien sauf de mon père et ces putins de colères,
De ce putin de collège des profs et des bulletins scolaires.
Ca se dégrade, doucement mais sûrement, et tard le soir sur le banc
J'entends les grands pousser des hurlements !
2 années passent et les premiers soucis s'amassent très vite,
La chance m'évite alors après la classe on casse des vitres !
J'aimais le son mais quand je rentrais j'apprenais pas mes leçons,
Petit mais paresseux trop parisien mais bon n'aie-je pas raison ;
90 j'ai 10 ans je commence à faire le mac et même à parler mal
Parce que j'ai pas cette putin de paire de Nike !!
Je traîne de plus en plus et aime de moins en moins
Hier quand je suis rentré j'ai vu des jeunes rouler des joins dans le coin.
J'aimais l'été avec les potes le soleil sur l'épaule
Du rap et du football, pendant que les grands déssoulaient sous les hall ;
J'encaisse les coups quand j'ouvre ma gueule ou j'ai un mot,
Hors de la norme encore un homme caché dans le corps d'un môme !
Anéanti car mes parents n'ont jamais su mentir,
L'huissier m'appelle fiston parce que ce fils de pute m'a vu grandir !
Doucement je commence à rentrer tard pour admirer les tours,
J'ai 12 ans et l'école me casse les couilles alors je sèche les cours !
Je te l'ai pas dit à cette époque la rue m'inspire,
Et 13 ans j'écrivais des petits bouts de phrase qui ne voulaient rien dire,
1er chapitre les Ulis pour adresse,
1er couplet de 84 à 93

Tu dois pouvoir m'expliquer ce que c'est, une lettre de l'école
Ils disent que tu y vas pas depuis des mois ! Des mois !!!!!!!!!!!!

REFRAIN :
Rappel-toi on était jeune, on n'avait pas la haine, on n'avait pas de label,
10 ans plus tard certains manquent à l'appel !
Un peu plus tard j'aurais ma ville comme soutien,
Soudain j'écrirais ça pour que tu saches d'où je viens, les Ulis,
Pour que tu saches que toute ma life a un goût de flingue,
Pour pas que t'oublies après bergère rajoute jungle !
Pour que tu saches à quel point tout ça me manque !
Que tu comprennes mon histoire tout simplement !

L'histoire reprend violement, année 1.9.9.4.
A une époque mon pote où les carreaux éclatent et les keufs claquent,
Mauvaises fréquentations entraînent les tentations
Désordonné selon la conseillère de désorientation !
L'école c'est mort ! Je redoute que ma rue doute !
Dans le fond c'est rien à foutre,
Parce que plus tard je serais une star du foot !
Mes premiers vols, mes premières tapes, mes premières liasses,
Mon premier pote qui meurt, mon premier flingue devant ma première tasse
Du haut de ma tour je vis en hauteur avec ma benne autour
Ce putin de monde est sourd, personne m'entend lorsque j'appel au secours !!
95 avec mes potes ça va de plus en plus mal,
Haineux pour la plupart, me calcule pas, je m'endors de plus en plus tard
J'ai l'air d'un gosse fait pour la tèce et les biz des tron-li,
Les grands m'ont dit fais gaffe les keufs te soulèvent dans ton lit !
Effectivement les keufs te sautent pour te faire déraper,
J'avais 16 ans quand j'ai gravé malsain en G.A.V.
Encore trop jeune pour travailler, plus d'école,
Alors on traîne et on déconne, ici c'est le hall qui distribue les rôles
J'aimais rapper mes potes pas trop mais j'ai tenté ma chance
C'était la première fois que des bouts de phrases pouvaient quitter ma chambre
Les miens m'écoutent et ne me suivent pas dans mon délire
Tandis qu'aux Amonts y'a du flow déjà très tôt c'est ce que j'entendais dire
C'est avec eux que je pète le mic et toutes les carotides
Que tous les carreaux tilts qu'on baise la ville de façon chaotique
A part le son 2 ans plus tard j'ai grillé toutes mes cartes
Et j'ai soufflé mes 18 bougies aux D4 !
En ressortant je me suis pas dit que j'avais eu tort mec,
C'est pour le simple fait mais ça ne te rend ni plus faible ni plus fort !
J'ai du tirer ma première taf un putin de soir d'été,
Puis j'ai compris que c'était mal et je commence à regretter,
Entre temps j'ai du replonger 2, 3 fois,
La police veut m'avoir le rap est love de ma Voix !!!

# Posted on Saturday, 03 September 2005 at 12:20 PM

02- 2 victime 1 coupable

02- 2 victime 1 coupable
Sinik.2 victime 1 coupable 02.La main sur le c½ur 2005 :

J'habite dans un duplex à Manhattan au coin de la 63ème
Jeune cadre diplômé, mes bureaux sont dans un gratte ciel,
Ce matin de très bonne humeur je me sens,
Nous sommes au mois de septembre, le 11 il me semble
En quittant la maison je laisse ma vie derrière moi,
Sans même le savoir j'embrasse ma fille pour la dernière fois,
Comme toujours je dis bonjour à la femme de ménage
En ouvrant mes bureaux du 152ème étage
Je suis le BOSS celui qui parle au bout de la table,
J'en suis tout fier, bref il est 8h00 et bientôt des poussières...

J'ai entendu un bruit impossible à décrire,
En une seconde, une secousse, des cris, des appels au secours,
De la fumée dans les yeux et dans le bide,
Triste choix, brûler dans le feu ou se jeter dans le vide,
Asphyxier, j'ai posé mes yeux dans le ciel,
Puis j'ai opté pour un vol plané du 152ème...

"L'apocalypse en dimension réelle..
Il y aura l'avant et l'après 11 septembre 2001,
Avec des différences entre les terroristes et ceux qui les protégent
En ce moment on entend au-dessus de Kaboul, les bombardiers B52 américains,
Ce sont surtout les enfants qui ont besoin de soins...
Les habitations ont été toutes détruites et les habitants survivent dans ces amas de ruines..."

Je viens du pays des cagoules, là où les obus éclaboussent
J'habite Kaboul et j'ai 12 ans, appelez-moi Mouss,
Les familles sont parties, les soldats sont parterre
Le centre ville est en ruine, même l'école s'est faite bombarder
J'ai demandé à Dieu de m'épauler, ce que vous voyez à la télé
Moi je l'ai vu en ouvrant mes volets
Comme tous les jours, j'irai déblayer les ruines,
Comme chaque soir, les échanges de tirs vont éclairer mes nuits
J'ai 6 frères et soeurs, j'ai peur que la mort nous sépare,
C'est difficile, alors je prie pour que les missiles nous épargnent
Je rêve de l'université, d'un job à mi-temps,
Ici les gosses précoces deviennent adultes à 8 ans,
Victimes d'une guerre dont j'ignore les causes,
Des fois je fais du vélo, mais je slalome entre les corps
Mon père pense que le pays a tout à perdre
Espérant comme chacun que la guerre nous foute la paix

"La maison blanche, le président Bush n'y était pas
Notamment pour évoquer les possibles représailles des Etats-Unis, c'est ce que tout le monde attend maintenant
Le président américain a juré dès hier soir de venger
les milliers de victimes de ces terribles attentats, on écoute Georges Bush:
Notre armée partout dans le monde est en état d'alerte maximale"

Je m'appelle Georges, je réside à la maison blanche
J'ai fait la guerre sans motif, de temps en temps ma raison flanche,
Je suis dans le pétrin, j'ai l'ONU sur les épaules
Je me regarde en face dans la glace, même si je tue pour du pétrole
En vérité j'ai la haine, je veux la tête à Ben Laden
Je suis fier, je mens quand je dis que j'aime la paix,
Dans les livres d'histoire, j'aurai laissé mon nom,
Je suis le président Cow-boy je déclare la guerre plus vite que mon ombre
Je fais croire à mon peuple que les barbus veulent frapper l'Amérique
Pour être sûr de taper John Kerry,
Je suis le shérif du monde, le chef, le justicier, le commissaire
J'ai un caniche qui s'appelle Tony Blair
Je tue des condamnés par injection à la piquouse
Partout où je passe on me déroule un tapis rouge
Je mérite le prix Nobel des belles promesses,
Je suis en tort mais je m'endors sans problème
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# Posted on Saturday, 03 September 2005 at 12:21 PM

03-Mots pour maux

03-Mots pour maux
Sinik.Mots pour maux La main sur le c½ur 2005.
Noyé par les larmes, assoiffé par les armes
Je combats les mots pour les maux
Mieux que le mal par le mal

Les armes : tout le monde en veut c'est dérisoire,
les jeunes adorent en faire usage pour des histoires de territoire

Les larmes : deviennent des flaques puis des rivières
présentent sur les joues de nos mères lorsque nos juges délibèrent

Le drame : c'est qu'on est plus habilité à faire du trafic en sous-sol
que de la comptabilité

Le crack : fait son entrée dans la partie,
c'est tout nouveau bienvenue dans la bad trip de la matrice

Le hall : reste l'endroit où l'on demeure dans les vapeurs
de beu le voisinage est pris de peur

La drogue : certains la fument d'autres la vendent,
l'erreur c'est de penser qu'elle te fait remonter la pente

L'alcool : atténue la vision des choses,
peut te faire croire que tout est rose mais dans le fond tout est faux

La mort : ne préviens pas quand elle s'infiltre,
elle n'envoie pas de sms quand elle s'invite

REFRAIN :
Je voulais vous le dire avec des phrases avec du flow
Oeil pour oeil, dent pour dent, mots pour maux,
Noyé par les larmes, assoiffé par les armes
Je combats les mots pour les maux
Mieux que le mal par le mal

Les flics : même s'ils te tuent sont acquittés mais peuvent
te faire tomber en taule pour quelques graffitis sans graviter

Les films : de plus en plus violents le public aime ce qui choque,
à quand le court métrage sur Guy Georges

Les filles : n'ont plus de respect pour leurs corps,
elles baisent dès le 1er soir avec leur mec ou leur pote

Le fric : fait tourner le ness, fait tourner la tess,
fait tourner le monde mais fait aussi tourner la tête

La haine : fait des ravages dans les tier-quar,
provoque la mort et la bagarre, les incidents et les dégâts

La guerre : détruit les maisons en Irak,
elle tue les femmes et les enfants, les innocents et des G.I.

La peine : te laisse des rides en héritage,
n'importe qui la décèle parce qu'elle se lit sur les visages

La paix : se négocie mais ne vient pas,
se mérite ne se vend pas, s'installe mais ne tient pas
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# Posted on Saturday, 03 September 2005 at 12:34 PM